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Prêt bancaire, comment les entrepreneurs peuvent-ils y accéder ?

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

La problématique de l’accès à un prêt bancaire par les entrepreneurs mérite qu’on y attache une attention particulière. Tant le sujet alimente nombre de conversations lors des forums sur l’entrepreneuriat et dans les networkings.

Bien que notre article s’adresse aux entrepreneurs gabonais, il faut souligner que le même phénomène est à observer dans plusieurs économies en développement.

Il s’agit aussi pour nous d’apporter notre part de lumière sur cette idée plutôt mal véhiculée. Car s’il y a des entrepreneurs qui ont du mal à accéder à un prêt bancaire, d’autres en revanche sont bien accompagnés par des banques. Les entrepreneurs – ou jeunes entreprises – concernés par cette exclusion ont généralement une durée de vie comprise entre un et trois ans.

Dès lors, la réponse à notre interrogation nous impose de rapidement situer le rôle de la banque ou d’un établissement de crédit dans l’économie.

Chers viseurs, cet article intervient à la suite de la série d’articles dans lesquels je liste les raisons de l’échec entrepreneurial des gabonais. Entièrement écrit par le Chargé de relation clientèle d’une banque de Libreville, lisez cet article avec l’esprit vif et alerte de ceux qui veulent grandir et faire évoluer leur business.

Les banques, elles servent à quoi en fait ?

Tout d’abord, la banque a pour objet premier le financement de l’économie. De part son activité d’intermédiation financière, elle occupe une place centrale dans l’économie. Elle participe, par l’allocation des ressources, au financement de l’activité économique.

Ainsi, la banque ne fait que mettre à la disposition des entreprises – ou de tout autre demandeur de prêt bancaire -, les sommes qui lui sont confiées par les déposants, moyennant un intérêt. Toutefois, ces sommes peuvent être exigées à tout moment par les mêmes déposants.

Ensuite, la banque est une industrie dont la matière première est « l’argent ». Cela exige une technicité particulière pour garantir en tout temps sa rentabilité, gage d’une économie stable.

Enfin, elle est une communauté humaine. Avec des investisseurs qui tiennent à la valorisation de leurs investissements, et des employés dont la force de travail nécessite une rémunération permanente. Ces deux facteurs qui assurent la pérennité de l’activité.

Un contexte économique difficile.

Fort de ce qui précède, cinq principales raisons expliquent la faiblesse des accompagnements accordés aux jeunes entrepreneurs. Car, c’est bien de cette catégorie d’entreprises dont il s’agit.

Sur le plan macroéconomique, nous notons le caractère incertain des perspectives économiques avec la chute des taux de croissance de 5,1% en 2014, 4% en 2015, 2,1% en 2016 et 0,8% en 2017 (source PNUD). Il faut souligner depuis 2014, l’effet conjugué du ralentissement de l’activité économique. Phénomène dû à la baisse des revenus pétroliers, dont notre économie dépend fortement. Mais aussi à la faible diversification de cette dernière. S’en est suivi l’augmentation de la dette intérieure 59% en 2017(source PNUD). Aussi, la difficulté pour les entreprises fournisseurs de l’Etat de faire face à leurs engagements. Cette morosité de l’environnement économique a fait naître une crise de confiance entre les acteurs.

Retenons que le banquier s’appuie sur certains indicateurs d’appréciation pour accompagner les entrepreneurs, notamment la rentabilité et la solvabilité. Il est difficile dans une économie incertaine de juger de la pertinence d’un projet par la simple présentation d’un plan d’affaires.

Crédibilité, rentabilité, solvabilité… sont les mots magiques !

La seule question que le banquier se pose est de savoir s’il sera remboursé. Et aussi en combien de temps. Une préférence sur les délais courts est observée par les banques, au regard de la performance économique de l’entreprise. Il est clair que la rentabilité du projet à financer est importante. Mais, elle doit être facilement atteignable pour rassurer la banque et minimiser le risque de non remboursement du prêt bancaire.

S’agissant de la solvabilité, le regard est porté sur le niveau et la nature des actifs (biens) de l’entreprise demandeuse du prêt bancaire. Il s’agit là de mettre en relief sa capacité d’endettement. 75% des entreprises en création au Gabon sous la forme SARL ont pour capital 1.000.000 FCFA. Mais à quoi correspond un tel capital en termes d’actifs ? Peut-il rassurer une banque pour un prêt bancaire de 20.000.000 FCFA ? En cas de difficultés ou retards de remboursement, la capacité de transformation de ces actifs en argent frais pour honorer les engagements est de nature à conforter le banquier dans son analyse.

Aux questions de rentabilité et de solvabilité, s’ajoutent aussi les garanties. Bien qu’assimilable à la solvabilité, les garanties participent aussi à la pertinence du projet à financer. Les garanties liquides (dépôt à terme, compte bloqué) et matériel (nantissement sur biens immobiliers, biens d’équipements ou roulants) ou des cautions, sont le gage du sérieux du demandeur de prêts. Une absence de garanties compromet fortement l’obtention d’un prêt bancaire. Elles traduisent le vécu de l’entreprise et de son dirigeant, elles rassurent la banque en cas de défaillance et minimisent le risque de non remboursement.

Autre élément de blocage, l’aspect structurel et informationnel. En effet, le manque de fiabilité d’informations personnelles sur les dirigeants d’entreprise, leurs situations géographiques et celle de l’entreprise elle-même affecte fortement le jugement du banquier quant à l’éventualité d’un contentieux. Nombre de banques au Gabon ont du mal à recouvrir leurs créances lors des contentieux du fait de la non localisation des débiteurs.

Quelques astuces pour prétendre à un prêt bancaire.

Au-delà de la faisabilité du projet et la maîtrise du savoir-faire, il ne faut pas occulter l’aspect risque. En vous accompagnant le banquier recherche le moins de risques possible et la rentabilité la plus certaine. Un projet trop exposé au risque trouve rarement preneur.

Par ailleurs, il faut avoir une relation soutenue avec sa banque. Cette dernière ne finance que le client qu’elle connait.

La structuration et l’organisation de l’entreprise, le niveau de flux financier, la nature du portefeuille clients, la notoriété du dirigeant, l’histoire de l’entreprise, la part de marché, la position concurrentielle sont autant d’informations qui guident la banque dans sa prise de décision.

Voici donc entre vos mains les éléments sur lesquels vous devez travailler pour être accompagnés par nous banquiers.

Etienne Cédric NZIENGUI DELICAT

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