Accueil Agriculture/Elevage Nathalie GOUETT O. : de la Fonction Publique à l’élevage, bienvenus Chez Le Porcelet & l’Agneau !

Nathalie GOUETT O. : de la Fonction Publique à l’élevage, bienvenus Chez Le Porcelet & l’Agneau !

Par Aude Sharys OVONO ALLOGO

Bonjour chers viseurs,

C’est une excellente journée pour parler de nouvelles fraîches. Et, en parlant de fraîcheur, laissez-moi vous présenter une femme exceptionnelle : Mme Nathalie GOUETT OLIVEIRA.

L’entrepreneuriat de nos jours est devenue un grand pilier  des économies florissantes. Mais, on remarque que cet entrepreneuriat a ses propres codes. Ceux-ci ne sont peut-être pas prédéfinis, mais ils se laissent apercevoir à travers les entrepreneurs. Il est plus facile par exemple, pour un homme de se lancer dans la confection de mocassins et être accepter par la société, plutôt qu’une femme. Ou alors, il est plus facile d’accepter de voir une femme ouvrir un institut de beauté et cela devient une polémique lorsqu’un homme fait de même. Dans la vision générale de l’esprit entrepreneur, les femmes doivent entreprendre dans certains domaines et les hommes doivent le faire dans d’autres domaines. Dur, dur de sortir du lot !

L’audace n’étant pas la qualité qui manque à l’ADN gabonais, une femme de tête s’est levée et a décidé de briser les codes !

De fonctionnaire à entrepreneure : le parcours de Nathalie GOUETT.

Nathalie GOUETT nourrissant ses bêtes.

La cinquantaine tassée, Mme Nathalie GOUETT OLIVEIRA est avant tout une fonctionnaire de l’Etat Gabonais. Agent public au Ministère du Budget, c’est une mère de famille qui souhaite joindre les deux bouts. Son intérêt pour l’entrepreneuriat est né de son inactivité pendant plus de trois (3) mois au dit ministère. Cette inactivité l’a ainsi contrainte à trouver une solution pour pouvoir répondre aux besoins financiers de sa famille. Imaginez-vous dans sa situation, qu’auriez-vous fait à sa place ?

C’est dans cette recherche active de solutions, qu’une lueur d’espoir lui apparaît. En effet, un matin, un agent chargé du nettoyage de sa ferme (une ferme dont elle ne voyait pas encore le potentiel) lui a proposé de dépenser intelligemment en transformant sa ferme domestique en ferme agropastorale. Pour le nettoyage de cette ferme, elle dépensait environ 100.000 FCFA par mois. Un investissement mensuel qui ne portait pas vraiment de fruits.

Titulaire d’un Master en management du secteur public, ses qualifications ne lui permettaient pas vraiment de visualiser et d’imaginer la mise en place d’une ferme qui produirait de la viande fraîche. C’est avec l’aide de ce travailleur volontaire et des informations ramassées ça et là qu’elle débute son aventure entrepreneuriale.

CHEZ LE PORCELET & L’AGNEAU, l’entreprise d’abattage et d’élevage, naît avec comme premières ressources : 3 porcs, un mâle qu’on appelle le verrat, une truie gestante et une cochette (jeune truie) en fin 2016.

Mme GOUETT OLIVEIRA nous fait faire un tour rapide dans sa ferme d’Essassa !

Une vue de la truie et de ses petits à la ferme Chez le Porcelet et l’Agneau

CHEZ LE PORCELET & L’AGNEAU est située en face la zone économique de Nkok. Composée aujourd’hui de 46 porcs dont 19 truies, la ferme déploie son potentiel pour pouvoir produire des revenus. 

Pour le moment CHEZ LE PORCELET & L’AGNEAU propose à la vente les produits suivants :

  • la viande de porc fraîche au détail ;
  • la viande de porc fraîche en entier ;
  • le porc vivant ou porc sur pied ;
  • le lisier

La viande de porc fraîche est mise sur le marché au prix de 4 500 FCFA  le kilogramme. Grâce à ce prix, elle est à la portée de la classe moyenne. Le lisier est au prix de 1 000 FCFA le sac de 50 kg à la ferme.

La ferme a pour principal client, la COOP-E sise au carrefour Ondogo désert. Aussi, Nathalie construit une aire d’abattage sur le site où elle a commencé à vendre au détail. En outre, elle a quelques contrats avec : un restaurateur, un revendeur de viande fraîche au marché et est en passe de démarrer un partenariat pour la fabrication du pâté. Elle vend également le lisier de porc aux agriculteurs.

Chez le Porcelet et l’Agneau, la réalité entrepreneuriale de Nathalie

Les difficultés en entreprise, c’est le quotidien. Mais, la rémunération issue du travail de salarié ne comble pas de joie  comme la satisfaction d’avoir produit un bien.

Nathalie Gouett

Entreprendre, comme certains le pensent, ce n’est pas se réveiller un matin, établir un plan d’actions et gagner de l’argent. Ce n’est pas non plus comme être fonctionnaire et être payé à la présence. L’entrepreneuriat répond à la loi du résultat !

Face à l’actualité du moment, les entrepreneurs sont appelés à être plus ingénieux pour maintenir leurs activités en vie. Nathalie se confie d’ailleurs à ce propos: “En cette période de pandémie au COVID 19, je réorganise mon équipe afin de prévoir la production de viande fraîche (2 abattages par mois). Nous verrons aussi quoi faire afin de continuer la conduite de l’élevage car dans mon domaine, il n’y a pas de férié. Les bêtes étant en box d’élevage, il faut s’en occuper 24h/24 et 7j/7.

Réalité alarmante, car nous savons que plusieurs de ces employés vivent peut-être uniquement de la rémunération que leur propose ce travail d’éleveur. Cependant, face aux mesures de sécurité instaurées par le gouvernement, il est quasi impossible de pouvoir être rémunéré et travaillé.

Aussi, la communication étant une arme importante dans l’ère dans laquelle nous vivons, elle essaie tant bien que mal à faire connaître sa ferme et ses produits par le canal de publicité périodique sur Facebook, impression de tee-shirt, carte de visite, kakemono, banderole, dans le but de rendre la ferme plus visible et atteindre les clients. Ce qui par les résultats n’ont pas forcément le résultat escompté car elle avoue que toutes charges confondues, elle dépense environ 500.000 fcfa/mois alors que la ferme ne lui rapporte à peine que la moitié.

 

Perspective d’avenir : la vision de Nathalie GOUETT

Retrouvailles de la cuvée WEBE 2018 à l’American Corner de Libreville

A l’origine, son désir était de vouloir manger de la viande de porc fraîche et de la charcuterie issue de l’élevage local. Et pour ce faire, elle a dû passer à l’action ! Derrière tout ça se cachait déjà une grande vision.

D’ici fin 2020, elle souhaiterait proposer à ses clients de la viande de porc transformée en charcuterie (saucissons, saucisses, jambon, pâté, terrine, rillette, boudin, etc.) Dans cinq (5) ans, elle souhaite ouvrir sa propre boucherie-charcuterie. Ne dit-on pas que la tête des femmes est toujours pleines d’idées ? ( Clin d’œil)

Ce qui fait ma fierté, c’est d’avoir obtenu la reconnaissance de mes pairs qui m’ont désignée gérante de la COOP-E. C’est un honneur, dans un milieu masculin.

Nathalie GOUETT

Avec certains professionnels de l’agriculture, ils ont un projet céréalier dont les clauses sont encore tues pour le moment. Aussi, avec les éleveurs, ils ont pensé à un projet de fabrication d’aliment. Avec les femmes entrepreneures, le projet est d’être parti prenante au développement de notre économie.

Ce que Nathalie GOUETT souhaite à chacun des entrepreneurs (ou graines d’entrepreneurs) qui liront son histoire, c’est que le plus grand nombre de personnes autour d’elle, cherchent à produire quelque chose, un bien matériel (physique) ou immatériel comme l’écriture par exemple ( merci Mme Nathalie pour la petite dédicace). L’entrepreneuriat n’est pas la voie de ceux qui n’ont pas pu trouver un emploi rémunéré. C’est la voix de tous ceux qui ont des projets à réaliser.

Vous avez aimé l’histoire de Mme Nathalie ? Faites-le moi savoir en commentaire.

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