Accueil Conseil / Etudes Karine MBOUMBA TCHITOULA est une avocate connectée, son cabinet MMT Avocats accompagne les webpreneurs.

Karine MBOUMBA TCHITOULA est une avocate connectée, son cabinet MMT Avocats accompagne les webpreneurs.

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Bonjour à tous ! C’est un peu le silence ici hein ? Vous m’avez aussi manqué. Entre ma vie de maman, salariée et blogueuse, je n’ai pas toujours la force de vous tenir en haleine, mes viseurs adorés. Cependant, je suis toujours à l’affût de la moindre découverte que je pourrais vous présenter et qui saurait vous inspirer.


Aujourd’hui, je vous présente une avocate. Vous êtes tentés de demander ce qu’elle fiche ici, alors qu’on parle d’entrepreneuriat et de motivation personnelle nous. Vous n’avez certainement pas tort, mais avant de juger, lisez ce qu’elle fait de particulier.

Ses services sont innovants et leur pratique pas encore assez répandue. En effet, Karine MBOUMBA TCHITOULA, une gabonaise de 32 ans, a un cabinet au sein duquel elle exerce le droit des affaires et en particulier le droit des nouvelles technologies, la propriété intellectuelle et la protection des données personnelles. En gros, tout ce qui touche au numérique, à l’innovation, au web, à la création et aux données. Je vous l’avais dit ou pas qu’elle déchire cette nana ?

“J’ai suivi tout mon cursus de base au Gabon jusqu‘en Terminale. D’abord à Franceville, puis à Lambaréné, où j’ai obtenu mon Baccalauréat à 17 ans. J’ai ensuite quitté le Gabon pour l’Espagne et suivi des études de Droit (BAC+5) à l’Université de Salamanque sur un double cursus de droit public et droit privé. Je me suis ensuite spécialisée à Madrid en droit international des affaires (LL.M International Legal Practice) puis en relations internationales et commerce extérieur. Ma situation personnelle m’a menée en France où j’ai obtenu un diplôme en droit des affaires français, le certificat d’aptitude à la profession d’avocat en France et je prépare un diplôme en droit des nouvelles technologies et protection des données personnelles.”

Le décors est planté. Karine est une bombe ! Son parcours professionnel a commencé depuis la faculté où elle passe par le service des relations sociales internationales de la multinationale pétrolière espagnole, Repsol. Ensuite, elle se retrouve au département d’entreprises du courtier en assurances Willis et “J’ai démarré ma carrière d’avocat au cabinet Islaw Abogados. J’ai travaillé 6 ans dans ce cabinet dont 2 ans en détachement en France ce qui m’a permis de passer des stages dans des cabinets parisiens. J’ai fait une pause d’un an en entreprise chez AXA et depuis 2017. J’ai créé mon propre cabinet à Paris, MMT Avocats dédié aux web entrepreneurs.” C’est ce qu’on appelle avoir un CV long comme le bras.

Après une activité contentieuse intensive, elle privilégie désormais le conseil pour anticiper les risques de litiges en intervenant en amont. Elle intervient toujours quand les problèmes sont déjà là, mais l’idée est de mettre en place des stratégies pour limiter le plus possible les conséquences en veillant à rédiger des contrats qui prennent en compte les risques liés à l’activité, aux différends qui pourraient survenir dans la vie de l’entreprise.

“La branche dans laquelle j’exerce est assez particulière car j’apporte des réponses qui sont du domaine du droit des affaires mais appliquées à une activité en ligne. Par exemple, je dois créer des contrats qui ne sont pas encore “entrés dans les mœurs” comme par exemple le contrat de community management, cobranding. Je dois trouver les formulations adaptées pour rédiger le contrat qui lie un influenceur à une marque, entrer dans les particularités de certains contrats informatiques (développement de site web ou de logiciel, maintenance, SAAS…), tout ce qui touche au e-commerce ou à la protection des créations (marques, noms de domaine, dessins, modèles) en ligne ou encore à la protection des données personnelles. J’interviens dans les litiges liés à l’utilisation des mots-clés dans le cadre du programme google adwords et ce genre de choses. Un de mes services particuliers est le diagnostic légal des sites internet où je vérifie les mentions légales obligatoires ou très recommandées que je rédige aussi.”

Notre avocate connectée poursuit : “Mon approche est « idéalement 3.0 » à une époque où on parle beaucoup d’intelligence artificielle, de justice prédictive ou encore de legaltech. Je travaille  donc beaucoup par visioconférence sans avoir à déplacer mon client et je fais signer mes conventions d’honoraires en ligne par signature électronique. Je privilégie les modes amiables de résolutions des conflits (médiation, conciliation…) pour régler les litiges de mes clients et grâce aux procédures judiciaires dématérialisées, en dehors des audiences où je dois me rendre j’utilise tous les outils legaltech à ma portée pour limiter les coûts, les déplacements inutiles et ne pas faire perdre du temps au client, ce qui me permet d’être plus accessible. Je suis assez transparente sur mes tarifs, le client peut anticiper son budget pour l’aspect juridique de son entreprise hors procédures judiciaires.”

On est d’accord que le numérique est en plein essor en Afrique et ce malgré le manque criant d’infrastructures pour soutenir cette explosion. C’est donc tout naturellement que je suis en droit de me demander si un tel métier à sa place chez nous alors qu’internet n’y est pas autant accessible qu’en Europe. “Avec le boom des startups et de toutes ces entreprises orientées vers l’innovation, c’est un domaine qui a de l’avenir en Afrique. Il y’a d’ailleurs déjà des legaltechs qui proposent aux entrepreneurs des services juridiques automatisés en ligne et pour un service plus personnalisé, ils leur donnent la possibilité d’entrer en contact avec des avocats de leur réseau. Je pense que rendre la justice accessible en privilégiant des modes alternatifs de résolution des conflits qui limitent les procédures longues et coûteuses, permettre un accès au conseil juridique qui permet d’être le plus possible dans la légalité est un moyen de booster l’investissement car ça rassure.”

Le commerce en ligne n’est pas encore très encadré en Afrique, mais on peut déjà se baser sur ce qui fonctionne en Europe, se mettre à niveau et inclure tous les acteurs. “Il y’a des plateformes qui permettent un accès sécurisé en utilisant par exemple la blockchain et l’intelligence artificielle pour harmoniser les transactions non bancaires. Il faudrait aller dans ce sens et encourager les Etats à se pencher sur les questions juridiques qu’emmènent tous ces outils innovants parce que les problématiques semblent peut-être nouvelles aujourd’hui, mais demain elles seront notre quotidien, alors il ne faut plus attendre pour légiférer sur ces questions.”

Karine MBOUMBA TCHITOULA est avocate depuis 2011 date à la quelle elle a prêté serment mais a commencé à exercer en tant qu’avocate stagiaire depuis 2010. C’est un peu moins de 8 années d’expertise qu’elle propose à ses clients.

Dans un domaine comme le sien qui n’est pas très occupé encore je me suis demandé comment ses clients africains accueillent ce produit. “Je m’adapte à des problématiques nouvelles et parfois non explorées, c’est très stimulant car ça en appelle à ma créativité au-delà de mes connaissances juridiques et c’est dans un esprit tellement contemporain à l’ère des réseaux sociaux et des objets connectés. Quand je ne sais pas quoi faire, je demande de l’aide à des confrères, et j’apprends tous les jours au contact de mes clients et d’entrepreneurs qui échangent sur leurs pratiques au quotidien, ce qui me permet d’entrevoir les problématiques ou les solutions juridiques que je peux apporter.”

Karine dit avoir des clients africains surtout dans le domaine de la propriété intellectuelle. Ils veulent protéger leurs marques, leurs dessins ou modèles et beaucoup veulent aussi que leurs sites soient aux normes pour s’adresser à un une clientèle internationale.

Elle est accessible sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest. Elle a également une chaîne YouTube sur laquelle elle partage des informations juridiques, ainsi qu’un site internet. Vous pouvez aussi choisir de lui envoyer directement un mail professionnel à karinemmt@mmt-avocats.fr. “Je suis donc joignable un peu partout pour mieux orienter en fonction du besoin. D’ailleurs, le premier contact de 30 minutes est gratuit, ça me permet de cerner le besoin et voir aussi si on peut travailler ensemble.”

Ayant fait ses études en Espagne, comme mentionné plus haut, Karine a donc ouvert son cabinet en France en solitaire, sans réseau, sans clients, avec des codes différents et un environnement où elle a eu du mal à trouver sa place. “Mais je pense qu’en gros, j’ai surtout rencontré les mêmes difficultés que rencontrent tout entrepreneur qui se lance, ne pas connaître son positionnement, découvrir tout ce qu’il faut gérer en solitaire quand on a toujours eu les assistantes du cabinet, apprendre le marketing et trouver sa place.”

Ses plus gros challenges aujourd’hui, c’est l’aspect pédagogique. Beaucoup d’entrepreneurs (solo, TPE…) ne pensent pas à l’avocat en amont, or c’est avant qu’il faut mettre les garde-fous, penser aux contrats de base, protéger sa marque et ne pas mettre en ligne un site internet qui ne respecte pas les exigences légales. Son challenge est donc de faire comprendre son utilité en dehors des tribunaux.

A terme, elle pense à créer une legaltech, “Mais j’en suis encore au stade de l’idée et il y’a trop de choses à mûrir pour en parler pour le moment. Je voudrais également encourager l’innovation, en particulier dans le domaine légal, je pense donc à un hackaton spécifique au Gabon qui inclurait aussi bien les étudiants en informatique que les étudiants juristes ainsi que les professionnels de ces domaines et quiconque est intéressé par la question.”

Pour que vous soyez convaincus de son utilité, pensez aux épines que vous avez dans le pied, les problématiques que vous rencontrez… Karine répond aux questions sur les réseaux sociaux en utilisant son langage et limitant au maximum le jargon juridique. Elle est accessible.

A ses jeunes confrères avocats, Karine estime que l’avocat de demain, ou plutôt l’avocat d’aujourd’hui est un avocat numérique. C’est vrai que tout ne se règle pas en ligne, il n’y a pas que des problématiques liées aux technologies, mais elle croit fermement qu’il y’a une visibilité à prendre, une démarche à intégrer pour se rendre accessible et sortir des retranchements des cabinets traditionnels où personne ne comprend ce que les avocats font, tout en respectant les codes déontologiques de la profession.

“A la jeunesse qui hésite et qui s’est déjà entendu dire ces mots: C’est impossible dit la fierté, C’est risqué dit l’expérience, C’est sans issue dit la raison, Mais essayons murmure le cœur… Je les encourage à écouter leur cœur et à passer à l’action. Ce que j’ai appris depuis le début de mon aventure entrepreneuriale, c’est qu’il vaut mieux une action imparfaite qu’une parfaite inaction. Se dire je pourrais faire ça, et enchaîner par comment le faire et aller pas à pas, à son rythme.”

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