Accueil Communication / Multimédia Interview exclu : Thomy Mc Steven DZIME EKANG, chroniqueur ou blogueur, le passionné de musique séduit !

Interview exclu : Thomy Mc Steven DZIME EKANG, chroniqueur ou blogueur, le passionné de musique séduit !

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

La Chronique de Thomy s’impose petit à petit dans le milieu musical urbain local comme un incontournable. A l’instar de l’impertinente Tipoune La Kritique, la chronique du jeune Mc Steven Thomy DZIME EKANG contribue à animer la scène musicale gabonaise, du moins sur les médias sociaux. Les artistes qui ont compris que les blogueurs, chroniqueurs et autres influenceurs sont de bons canaux de promotion, n’hésitent plus à contacter ces fabricants d’opinions afin de mieux se vendre.

Je suis allée titiller Mc Steven dans son antre. C’est avec son humour bien à lui, qu’il a bien voulu se prêter au jeu du question-réponse pour le compte de votre blog préféré.

VisezLaLune : Bonjour Thomy . Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Thomy Mc Steven DZIME EKANG : Bonjour à vous VisezLaLune. Je vais vous épargner le légendaire « discours de remerciement », mais je vous remercie tout de même pour le clin d’œil sur ma personne.

Alors, à l’état civil je suis Thomy Mc Steven DZIME EKANG. Actuellement âgé de 28 ans, je suis gabonais. Au cas où mon nom vous semble familier, sachez que oui, je suis le fils du journaliste Théophile NDZIME EKANG. Il est notamment connu pour avoir présenté le journal télévisé de la RTG1 à la fin des années 90 et au milieu des années 2 000.

En 2012, après mon Bac, on m’a en quelque sorte jeté au Ghana pour que je perfectionne mon anglais. J’y ai passé mon année de langue et deux années supplémentaires en Bachelor in Business Administration (BBA) à CIBT (Catholic Institute of Business and Technology). Au moment de débuter la 3e année en 2015, on a rencontré quelques soucis. J’ai dû revenir au Gabon. Frustré par plusieurs expériences, je décide de ne plus y retourner. Dans un dernier élan, mes parents ont préféré le Maroc. J’y ai obtenu une licence fondamentale en Management et Gestion à l’Institut de Hautes Etudes Economiques et Sociales en 2017.

Dans ce pays, j’ai travaillé pendant plus de 6 semaines dans un centre d’appel. J”ai aussi effectué un stage opérationnel dans la compagnie GFI Maroc (le plus grand groupe informatique du pays). De retour au pays, ce fut le parcours du combattant. J’ai eu un emploi de réceptionniste dans un hôtel de la Sablière (à cause de mon profil bilingue). Puis, stagiaire pour la plateforme Antô Winner (qui s’est soldé par un échec). Mon chemin a croisé celui de la compagnie Afrijet où j’ai effectué un stage CAJ (Contrat d’Apprentissage Jeunesse) en tant qu’Assistant Ressources Humaines pendant 13 mois. Et ensuite, en tant qu’archiviste pendant 30 jours. Je rendais plus service qu’autre chose. Actuellement, je vends mes services en tant que communiquant et créateur de contenu digital.

VLL : Quand, comment et qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’univers du blogging ? Racontez-nous l’histoire de LC2T.

Thomy : Officiellement, la Chronique de Thomy est lancée en Octobre 2018 sur Facebook.  Mais, bien avant, je m’exprimais déjà sur mon compte personnel.  Je parlais de musique, critiquais et essayais d’informer. De là, on m’a suggéré de me lancer dans la critique musicale. J’ai postulé à Eben Radio, mais sans suite. Alors, j’ai ouvert la page avec le soutien de quelques amis. Depuis, j’essaie de faire ce que je peux pour la rendre visible et attractive.

Toutefois, ça n’a pas été facile ! Je suis roi dans tout ce qui est procrastination. Remettant toujours tout au lendemain, je doutais et me méfiais du retour des internautes.  Au demeurant discret et timide, je n’aime pas la foule. Etre ouvert à un trop large public me dérangeait. Ce sont les encouragements de certains amis (Edna Linda, Andy Marvine et bien d’autres), ma petite amie et mon mentor Daf Ossouala, qui m’ont décidé. J’ai créé la page avec pour objectif de la supprimer si jamais elle ne décollait pas ou si je recevais un backlash de la part des internautes. De même, le nom « La Chronique de Thomy » est une idée de Daf. 

VLL : Quels buts poursuivez-vous avec la création de votre chronique ?

Thomy : Ce n’est pas ma chronique, mais celle des personnes qui désirent se cultiver, mesurer leur niveau de culture musicale et en apprendre un peu plus sur la musique. À travers elle, je voulais que le Gabonais lambda en apprenne un peu plus sur la musique en général, l’industrie musical mais surtout l’envers du décor du milieu artistique. L’oreille est subjective, donc le public ne juge que par ce qu’il entend. Cependant, il ignore souvent comment ça se passe derrière le développement d’un album : mix, mastering, stratégie commerciale, sample utilisé, direction artistique, etc.

Voilà ce que j’essaie de faire. Leur apporter des informations et des analyses plus poussées pour qu’ils sachent comment ça se passe.

VLL : Vos parents vous soutiennent-ils dans ce choix ?

Thomy : Mes parents ? ATING ZAME ! JE JURE… Ils ne sont même pas au courant que leur fils tient un blog sur lequel il parle de musique. Ils sont de la vieille école. Pour eux, le boulot c’est me lever le matin, m’habiller et revenir en soirée. Avoir des sous à la fin du mois.

La Chronique ne génère pas encore d’entrées régulières et conséquentes. Donc, on ne peut pas dire que j’ai fait un choix. Comme bon nombre de Gabonais, je cherche un CDD à gauche et un contrat bien juteux à droite avec des agences, des médias… et pourquoi pas des annonceurs ?

VLL : Pensez-vous à monétiser votre passion ?

Thomy : Lorsque Daf Ossouala m’a pris sous son aile en 2016, je lui ai dit que je deviendrai le prochain Jimmy IOVINE* du Gabon. Ou limite que je serai une sorte de Jonathan BENASSAYA (fondateur de Deezer).

Les labels américains ont trouvé des arrangements pour que les grandes stars passent en boucle dans des radios ayant une large diffusion. Même le morceau de la semaine à Urban Fm n’est pas gratuit lorsque tu es un inconnu qui veut avoir une visibilité. On ne crée pas nos médias pour se faire uniquement des sous. Mais, si on réussit à se faire un nom, une place et une visibilité, il faut bien rentabiliser tout cela. N’en déplaise à certains, le forfait internet n’est pas gratuit. Les applications premium pour faire des vidéos ne sont pas gratuites. Les applications pour les affiches ne sont pas gratuites. Et le nom de domaine du site, ainsi que le thème ne seront pas gratuits. Alors oui ! Si un artiste veut en profiter, à défaut d’un accord qui nous arrange tous les deux, il faut bien qu’il puisse mettre la main dans la poche.

*C’est le fondateur du Label Interscope. On lui doit les carrières de Tupac, Dr Dre, Eminem, Snoop Dogg ou encore Akon. Il est aussi co-fondateur de Beat By Dre et propriétaire de Apple Music.

VLL : Avez-vous déjà été approché pour des collaborations ? Si oui, avec qui avez-vous collaboré ?

Thomy : Oui ! J’ai déjà été approché à quelques reprises. J’ai collaboré avec des chroniqueurs tels que Le Direct de Mikail, Clancy Beezy de BweliTribe et HK pour le podcast déconfinés. Badgyal Magazine m’a déjà consulté pour apporter mon point de vue sur une artiste dont les fans sont très agressifs. J’ai aussi prêté ma plume pour l’émission Web “Affaire de Linge Sale” produite par AFJ. Des clauses de confidentialité ne me permettent pas de citer les autres collaborations.

VLL : Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez depuis que vous avez lancé La Chronique de Thomy ?

Thomy : Les difficultés il y’en a tellement. La première de toutes était le fait de me créer un univers propre à moi. Vous savez, avant moi il y’avait déjà 2 blogueurs assez connus. Les gens pensaient que je surfais sur leur vague, donc j’ai dû apprendre à me démarquer avec des analyses propres à moi et des illustrations.

Ensuite, il faut fidéliser l’audience. Et, cela implique qu’il faut être fréquent et constant dans ce que l’on offre aux abonnés. Je suis parfois perfectionniste. Donc, je mettais souvent du temps pour les articles et ça s’est souvent retourné contre moi.

Il y’a le plus difficile : les contenus. Ils doivent être attirants et instructifs. Étant l’outsider et le moins suivi dans cette catégorie de “chroniqueurs”, je me dois de miser autant sur le fond que dans la forme.

Enfin, il y’a bien sûr la réception du public. Je suis souvent cru dans mes propos et je ne me suis pas fait beaucoup d’amis. Il suffit de dire un petit truc négatif et on te tombe dessus. On te traite de tous les noms et dénigre ta page… On cherche des infos sur toi afin de te nuire. C’est quelque chose qui peut perturber. Heureusement, je reçois le soutien de plusieurs artistes qui suivent régulièrement la page malgré le fait que je critique souvent leur musique. C’est priceless.

VLL : Et que proposez-vous pour y remédier ? 

Thomy : Pour y remédier, je fais ce qu’on appelle observer la bonne vieille concurrence. Qu’est ce que les autres font ? Comment je pourrais m’en inspirer ? Comment je pourrais rendre la chronique plus accessible et les articles moins techniques. Que faire pour adapter les concepts à mon format, à mon audience ? Avec qui collaborer ?… Plusieurs éléments qui font que chaque jour, j’essaie d’offrir aux abonnés quelque chose qui leur donnera envie de rester.  Par exemple, je m’inspire beaucoup de Steevy de Musicfeelings. Car, on a au moins un point commun : on s’adresse à une audience qui n’est pas forcément mainstream et qui est assez exigeante en matière de contenu.

De plus, depuis un temps, je reste connecté sur des directs de plusieurs blogueurs dont Maëlla Séna et Olivier Ona pour en apprendre un peu plus sur le développement personnel et les stratégies des médias, en plus de dévorer des PDF sur la communication.

VLL : Thomy a-t-il des projets d’avenir ? Comment voyez-vous LC2T dans les cinq prochaines années ?

Thomy : En fait, mon projet c’est toujours de me rendre sur Mars. Ensuite, Jupiter en attendant. Puis, finir dans l’univers intersidéral. Il est trop ambitieux.

À défaut, je serai la grande tache rouge (en référence à la planète Jupiter) dans le milieu du divertissement au Gabon. En plus de faire prospérer La Chronique et le média que je me suis promis de mettre sur pied. Un média à l’image de Complex ou Pitchfork pour les initiés.

VLL : Si vous deviez donner un conseil à toutes ces personnes qui souhaiteraient lancer leur propre chronique, ce serait quoi ?

Thomy : Au départ, faites-le parce que vous êtes passionnés. Si vous ne mettez pas la passion dans ce que vous faites, vous allez rencontrer des soucis. Vous perdrez confiance en vous. Aussi, sachez vous entourer des bonnes personnes. Sachez encaisser les remarques, même lorsqu’elles blessent. Car, ce milieu est un champ de bataille. Donnez-vous les moyens nécessaires pour atteindre vos objectifs.

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