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Dja Tsingue NZIGOU : Avec Yessi, “je veux rendre hommage à mon père…”

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga
Dja Tsingue NZIGOU

Nos écrivains ont du génie. Nous le savons tous ! Ce qui leur manque ce sont les plateformes pour l’exprimer librement. Aujourd’hui, je vous parle de Dja Tsingue NZIGOU, une jeune femme au parcours plutôt ordinaire, qui a pourtant choisi de laisser parler son imagination en mettant sur le marché Yessi.

Dja Tsingue NZIGOU vit en région Champagne-Ardennes en France. Assistante socio-éducative depuis quelques années déjà, elle accompagne les personnes en difficulté sociales et/ou familiales : les familles, les enfants, les personnes vieillissantes, les personnes souffrant de handicap. 

Formée à ce métier, cette mère de famille déclare être amoureuse de son travail car, dit-elle, celui-ci fait partie intégrante de sa vie. Elle ne se voit donc pas l’abandonner.

Rencontre avec une femme qui a su conserver son âme d’enfant.

Dja Tsingue, l’âme éternelle d’une enfant

Issue d’une grande famille soudée, l’enfance de Dja Tsingue repose sur ce socle familial solide. C’est ce passé heureux et les rencontres qu’elle y a faites qui l’ont décidé à embrasser ce métier d’assistance socio-éducative. Je suis plus touchée par le public de l’enfance. C’est mon cheval de bataille. D’ailleurs j’ai des projets en lien et à réaliser au Gabon.”

Aussi, Dja Tsingue NZIGOU se définit comme une personne pleine de vie, une grosse rieuse qui ne rate pas une occasion de rigoler. Amoureuse de la vie et des voyages, elle aime aller à la découverte de lieux nouveaux. L’âme poétique, elle aime s’extasier sur le ciel lorsque le soleil se lève ou que la nuit rencontre le jour. C’est aussi une passionnée de cinéma, de musique, les dessins animés, de lecture (évidemment). Sinon, ma principale folie, c’est faire des activités avec mes enfants. Faire ensemble la pâtisserie, des activités manuelles, danser et faire les fous.” précise la jeune femme.

Dja Tsingue c’est surtout « Yessi, le petit garçon au destin pas comme les autres »

Dja Tsingue me raconte qu’en grandissant, elle a toujours été dans les nuages. “J’aimais m’inventer des univers, m’amuser toute seule, ne pas déranger. Et, je n’aimais pas trop qu’on me dérange non plus. Puis, j’ai toujours été excellente en français à l’école. Les suites de textes, les débuts de textes, etc. C’était pour moi trop facile. Et puis, avec les enfants, j’aime bien inventer des histoires. J’ai une imagination débordante.”

Yessi

C’est cette imagination débordante qu’elle met à profit lorsqu’elle décide de se mettre à l’écriture de son livre Yessi. “Ce livre est le premier, et je n’espère pas le dernier. Quand nous étions plus petits, notre père aimait nous rassembler, mes frères et sœurs et moi, le soir pour nous raconter des histoires.” me confie-t-elle.

C’est cette tradition qu’elle perpétue de manière tout à fait naturelle avec ce premier ouvrage. C’est aussi sa manière à elle de retrouver le Gabon qui lui manque énormément. “Je veux rendre hommage à mon père, un amoureux des lettres et des sciences humaines. C’est lui qui m’a en quelque sorte amenée sur ce chemin de l’écriture.” C’est un bel hommage puisque plus jeune déjà, Dja Tsingue NZIGOU  se sentait l’âme d’une écrivaine.

Yessi, une histoire fantastique et emprunte de l’univers mystique de l’Afrique

Le petit garçon au destin pas comme les autres, raconte les aventures de Yessi. Un garçon qui grandit et évolue dans un univers rempli de mystères, d’énigmes, de combats dans le monde parallèle. Yessi est un enfant qui va aider les habitants de son village et les êtres de la forêt. Son grand-père, sa mère, la féticheuse du village vont lui permettre de résoudre les problèmes qui vont lui être présentés.

“Le message principal de mon livre Yessi, c’est le respect de la nature. L’acceptation des éléments et la reconnaissance de notre culture qui tend à souvent être diabolisée. Par exemple, Yessi est initié aux rites ancestraux. D’ailleurs, il a un don. Et, c’est ce don qui fait qu’il a été choisi pour ses missions.” affirme Dja Tsingue NZIGOU.

Le combat de l’écrivaine est noble. Avec le christianisme, notre tradition tend à être complètement effacer. C’est pour cela que son rêve est de parcourir le Gabon tout entier et de récolter les contes et récits des héros de chaque coins et recoins. “Mon plus grand regret, c’est de ne pas manier le punu, qui est ma langue vernaculaire. Je me souviens de ma grand-mère qui pouvait parler plusieurs langues du pays avec l’accent approprié. C’est vraiment ma plus grande peine que de ne pouvoir accéder à cette richesse.” regrette Dja Tsingue.

Dja Tsingue Nzigou

Comme autres projets, la jeune auteure, souhaite voir Yessi intégrer les programmes d’enseignement scolaire. Aussi, elle travaille à la réalisation d’un blog qui me permettra de présenter des contes courts gabonais (et africains) de sa composition et d’autres personnes. En attendant la réalisation de tout ceci, Dja Tsingue NZIGOU s’essaie à la romance douce sur le site muswada.

Toutefois, vous pouvez commander Yessi à la FNAC, Edilivre, etc. Pour l’Afrique, ce sera après le passage de l’auteure au Gabon qu’elle jaugera la demande.

Le message de Dja Tsingue NZIGOU à la jeune génération d’écrivains

L’auteure de Yessi n’éprouve pas de grosses difficultés particulières dans sa nouvelle activité. Cependant, elle tâtonne encore beaucoup pour son personal branding et la mise en avant de son travail. Trouver des éditeurs qui soient abordables est aussi un frein toujours selon elle.

Malgré cela, Dja Tsigue a ses mots à l’endroit des jeunes : “Ne pas avoir honte de ses rêves. Ne pas avoir peur de l’avenir. Et surtout, garder le respect des traditions et des mœurs. Je déplore tellement la dépravation des mœurs qui est encouragée aujourd’hui par les politiques actuelles. Les africains de certains pays copient les habitudes occidentales, sans savoir que de l’autre côté de l’océan, il y a eu plusieurs étapes pour qu’ils en arrivent là où ils sont. Les jeunes devraient comprendre (et cela c’est sur tous les continents) que leur corps est un trésor. Je suis tellement triste de voir comment aujourd’hui, ils banalisent le mal qu’ils se font personnellement. Ils utilisent les réseaux sociaux de façon négative parfois. L’amour et l’entraide ont disparu. C’est tellement triste et cela me fait peur.

Pour les familles aussi, la jeune femme a des choses à dire :“Mon conseil serait également que les familles redécouvrent l’amour d’être ensemble. Les parents devraient mieux encadrer leurs enfants et leur apprendre ce qu’eux-mêmes ont appris dans leur enfance. Nos cultures africaines doivent être revalorisées. Les générations actuelles devraient se concentrer pour réfléchir ensemble sur leur réappropriation. Elles doivent être encore plus fières de sortir du continent berceau de l’humanité. Au vu de mes expériences et de ce qui se passe actuellement, les bouleversements dans les pays africains, les jeunes devraient oser se lancer dans la politique. Car, l’Afrique doit enfin se lever et réveiller le lion endormi qui se laisse exploiter et voler de toutes parts.”

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