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6 idées totalement fausses sur le “métier” d’entrepreneur.

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Bonjour à tous, mes viseurs bien aimés ! Me revoilà après quelques semaines d’accalmie. Certes le dernier sujet que j’ai abordé était un peu loin des thèmes habituels. Mais, je ressentais vraiment le besoin d’en parler. Cependant, aujourd’hui, je reviens avec un sujet beaucoup plus “conventionnel” pour le blog. Je vous parle de quelques idées totalement fausses sur l’entrepreneur.

Alors que plusieurs d’entre nous aiment jouer la sécurité et préfèrent avoir un emploi stable et plus ou moins bien rémunéré chaque mois, d’autres font le choix de tout plaquer et se mettre à leur propre compte. Des rêves plein la tête, ils s’en vont à la conquête du monde, entretenant au passage, parfois malgré eux, le mythe de l’entrepreneur libre et financièrement épanoui.

Après quelques années à voler d’une activité à l’autre, j’ai ma part d’expérience dans le domaine et je peux vous dire que ce n’est pas toujours aussi simple qu’il y paraît.

Dans cet article donc, je me propose de déconstruire quelques clichés et autres idées reçues, dont certaines sont parfois totalement infondées, sur les entrepreneurs.

1. L’entrepreneur est un chômeur de luxe

Tellement habitués à percevoir une pitance chaque fin de mois, ils sont nombreux qui n’arrivent pas à comprendre qu’une personne à son propre compte puisse vivre de ses activités. Pour être considéré comme une valeur sûre dans notre société, il faut “répondre présent” dans une entreprise étatique, para-étatique ou privée. Cela est entre autres dû au fait qu’on a conditionné nos esprits depuis l’enfance à être des fonctionnaires plutôt que des entrepreneurs. Cette mentalité, que je trouve d’un autre âge, comporte plusieurs désagréments. Si vous voulez que j’illustre mes propos, les exemples ne vont pas manquer. Mais, si je les multiplie, cet article ne finira jamais.

Alors, je vais me limiter à vous présenter le cas de mademoiselle Fénéla (nom imaginaire) salariée du secteur privé. Elle vit, depuis plusieurs années, avec un homme qui a décidé de quitter le salariat pour l’entrepreneuriat. Le jour où elle va présenter leur projet de mariage à sa famille, ses parents lui poseront la question suivante : “Ton mari ne travaille pas. Maintenant, vous allez vous marier avec quel argent ?” Cette question résume totalement ce cliché. Comme si, le fait de travailler pour soi, même si l’activité rapporte suffisamment de sous pour permettre de subvenir aux besoins de la famille, ne suffit pas. Il leur faut absolument pouvoir dire : “Mon beau-fils travaille dans X société/ministère.”

Parfois, ils poussent la bêtise à son paroxysme. Ah oui ! Qu’est-ce que vous croyez ? Si monsieur ne travaille pas, le mariage sera célébré avec l’argent de madame. Et voilà comment le bruit finit par courir que certaines femmes se sont dotées elles-mêmes.

2. La parution dans les médias : synonyme de réussite…

“Hé, Bruno ! On te voit maintenant partout. A la TV, dans les journaux, sur les réseaux sociaux… Tu as percé oh ! Achètes-nous d’abord une bière là, toi aussi…” Ça vous fait peut-être rire, mais vous savez que c’est réel. On connait tous des gens qui nous ont déjà dit ça. Ou peut-être est-ce vous qui l’avez déjà dit, ou vécu.

Bon ! Que ça soit clair une fois pour toute, répétez après moi : “Passer à la TV, à la radio ou dans n’importe quel journal, ou réseau social permet de faire de la PU-BLI-CI-TÉ à l’entreprise de quelqu’un.” Punto ! Cela ne constitue en rien un signe de réussite et encore moins de prospérité. Lâchez la grappe à ces gens qui travaillent aussi dur que vous pour ramener du pain sur la table de leurs familles.

On parle de média. Et en recherchant l’étymologie de ce mot, vous comprendrez vite qu’il signifie moyen, canal, etc. Les médias sont donc des outils/moyens/canaux privilégiés pour communiquer et faire connaître à ses clients potentiels, ce qu’on propose comme produits ou services.

3. Entrepreneur = temps libre, zéro stress, voyage, champagne et thunes à gogo.

Là, je m’adresse aussi bien à ceux qui désirent se lancer, qu’à ceux qui sont totalement étrangers aux réalités de l’entrepreneuriat. Depuis quelques années, l’entrepreneuriat est devenu quelque chose de sexy et tendance. Avant, quand tu demandais à un entrepreneur ce qu’il faisait, il te répondait limite gêné : « Je me débrouille par-ci, par-là… » Eh bien, c’est fini cette époque ! Elle est complètement révolue. Aujourd’hui, tout le monde est fier de porter ce nom : « entrepreneur ». Comme un diplôme, ou la marque de ceux qui sortent de l’ordinaire. Oh ! On va se calmer un peu et redescendre sur terre là.

Entreprendre n’est pas une tâche aisée. Lancer son entreprise n’est pas de tout repos. Nooooon, chers viseurs et viseuses. Quand vous vous lancez, vous devez être comptable, commercial, juriste, chef des ressources humaines, etc. Vous devez développer des qualités de manager, de leader pour pouvoir mener vos équipes (si vous en avez) dans la destination que vous avez à l’esprit. Et toutes ces casquettes, toutes ces qualités s’acquièrent en apprenant.

Ainsi, en plus de chercher des moyens pour développer votre activité, vous devez être à l’école tous les jours. En effet, il vous faut apprendre à gérer le stress, les crises entre vos travailleurs, les commandes, veillez à la satisfaction des clients, etc.

Lorsqu’on crée une entreprise, le but est qu’elle grandisse, devienne autonome et arrive à fonctionner même en l’absence de son fondateur. Or, les années charnières dans la vie d’une entreprise sont les 5 premières. Ainsi donc, dans mon entendement, avant 5 ans, un entrepreneur ne peut prétendre mener une vie de pacha et prendre des vacances sur une île des Caraïbes… Voyager et faire le tour du monde, sans stress et espérer que son affaire se passe de lui. C’est pendant cette période que vous travaillez à rechercher votre modèle économique. Et croyez-moi, c’est chronophage comme tâche.

De plus, il ne faut pas confondre être libre et gérer son emploi du temps à sa convenance. L’entrepreneur n’est pas libre de flâner à longueur de temps. Il a juste la latitude et la liberté de gérer son emploi du temps sans la même contrainte qu’un travailleur.

4. L’innovateur, le génie… l’entrepreneur, cet être surhumain !

Il y a quelques jours, je discutais avec un collègue. Il me partageait son projet d’ouvrir une entreprise de production de glaces dans une zone qui en manque cruellement. Il voulait recycler des eaux de pluie et autres cours d’eau pour les glaces industrielles et congeler de l’eau du robinet pour les glaçons destinés aux boissons.

Je lui disais que sa démarche est la bonne, déceler un problème et chercher à le résoudre. C’est là souvent qu’on parle de solution innovante, surtout lorsque le moyen trouvé sort vraiment des sentiers battus. Il est vrai que les idées qui ont de grandes chances de cartonner sont celles qui viennent résoudre un problème avec des moyens accessibles à tous. Mais, la réalité est que l’innovation ne constitue pas toujours la garantie du succès d’une entreprise.

Je connais trop d’entrepreneurs qui n’ont pas toujours cette démarche. Pour tout vous dire, ils ne réinventent pas la roue. Ils ont vu quelque chose qui marche ailleurs ou avec quelqu’un d’autre, ils le recopient, l’améliorent parfois et le commercialisent. Et, je peux vous dire qu’il y en a pour qui ça marche très bien.

5. L’entrepreneur n’a aucune peur du risque

Ce cliché, il faut lui tordre le cou à tout prix ! Tous les entrepreneurs que je rencontre sont unanimes sur une chose : ils ont eu peur à un moment où à un autre que leur service, produit, proposition, innovation, appelez ça comme vous voulez… soit rejeté par le marché.

En effet, c’est une chose de penser que les gens ont besoin de votre solution. C’en est une autre de vous confronter à la réalité du terrain et voir que finalement, ils peuvent très bien s’en passer. Certes, l’entrepreneur se base beaucoup sur ses convictions, son intuition pour avancer dans une direction, en plus des études de marché (pour ceux qui les font). Mais, cela ne lui enlève pas le sentiment de peur qui est commun à tous les êtres humains. Les entrepreneurs ont juste une meilleur capacité que les autres, à l’affronter et à le surmonter.

6. Un “vrai” entrepreneur ne doit pas avoir un emploi à côté !

Cette idée fausse, j’y consacrerais un article entier, parce que je le juge vraiment nécessaire. Effectivement, au sein même des entrepreneurs, il y a une caste qui se juge trop au dessus des autres. Selon eux, on n’affronte pas les mêmes réalités selon qu’on soit un entrepreneur salarié d’une autre entreprise que la sienne, ou qu’on soit un entrepreneur sans un emploi à côté.

Le syndrome du super héro que certains entrepreneurs développent et entretiennent me dépasse. Il les conduit à croire qu’ils sont vraiment une sorte de race exceptionnelle, au-dessus de la mêlée. Sous le prétexte de n’émarger dans aucune société, ils se font appelés “les entrepreneurs purs”. Je ris.

Robert KIYOSAKI le dit dans son célèbre best-seller “Père riche, père pauvre”, il est possible de cumuler un emploi et une entreprise. En effet, pour revenir au point précédent, un entrepreneur mesuré attendra que son entreprise arrive à lui payer le salaire que son employeur actuel lui verse pour envisager la démission.

Pire encore dans le contexte actuel du Gabon, c’est de la folie de tout plaquer pour se jeter dans le vide. Nous ne sommes pas un pays à part, en Europe les entrepreneurs fonctionnent de la même manière. J’ai vu dans un magazine télévisé qu’en France par exemple, les experts conseillent aux entrepreneurs de prendre le statut d’auto-entrepreneur au début de leur aventure entrepreneuriale.

Celui-ci leur permet de cumuler un emploi salarié (ou leurs études) avec celui de créateur d’entreprise. Alors, arrêtez de faire croire aux entrepreneurs qui ont un job qu’ils sont des sous-entrepreneurs. Vous ne savez pas ce que ça représente comme charges de devoir être performant sur les deux tableaux.

Voilà, c’était tout pour moi aujourd’hui. J’espère que l’article vous a plu. Certaine que cette liste de clichés et autres idées totalement fausses sur l’entrepreneur ne se limite pas à ceux que j’ai présentés, je compte sur vous pour en ajouter en commentaire, afin qu’on en discute. A très vite sur ma page, celle du blog et ma chaîne YouTube. N’hésitez pas à vous abonner, mes viseurs adorés. On vise la lune !

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