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Pourquoi les gabonais échouent dans leurs entreprises ? (2)

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Hello hello ! Je sais, j’ai tellement teasé cet article que certains d’entre vous l’attendaient impatiemment. Aujourd’hui, j’ai décidé de surmonter ma flemme et de me lancer dans la seconde partie de l’article dans lequel je vous dis pourquoi les Gabonais échouent dans leurs entreprises.

Le 31 octobre dernier j’ai lancé un sondage sur mon compte Facebook pour collecter vos avis sur la question. Dans ce sondage, les gens devaient choisir entre 2 raisons : l’endurance des Gabonais et l’environnement des affaires au Gabon.

Avant même qu’il n’atteigne les 7 jours durant lesquels les votes devaient s’effectuer, j’ai publié la première partie de l’article. Dans cette partie, je pointais l’environnement des affaires non propice au développement du business.

Entre temps, le sondage est terminé et voici ce qui en ressort : sur 49 votes, 63 % estiment que les gabonais ne sont pas endurants, et c’est pour cela qu’ils échouent. 37 % pensent que l’échec des Gabonais est dû essentiellement à l’environnement des affaires qui ne participe pas à l’éclosion des entreprises.

Vous êtes donc plus nombreux à penser que si les Gabonais ne réussissent pas, c’est parce qu’ils n’ont pas le poumon nécessaire pour cette course. J’ai également pu le constater à travers vos nombreuses réactions, suite à la première publication.

Certaines ont retenu mon attention plus que d’autres et m’ont confortée dans ma position sur cette question. L’attitude des gabonais est pour beaucoup dans leurs échecs entrepreneuriaux. Entre l’entourage, la paresse, la mauvaise gestion (parcequ’ils confondent très souvent chiffre d’affaires et bénéfice), l’orgueil et le manque d’ambition, on a tout chez le spécimen gabonais pour échouer.

Vous direz ce que vous voudrez mais, il faut à un moment donné avoir le courage de dire les choses.

 

Le dénigrement et la négativité comme marque de fabrique…

1- “Tu n’es pas un entrepreneur, tu es un chômeur qui rêve.”

Voilà résumée la perception que les parents, amis et proches ont des entrepreneurs gabonais. Dans l’inconscient collectif, la notion de fonctionnaire est hélas encore trop présente. La fonction publique (ou le secteur privé dans le pire des cas) est encore trop perçue comme le Graal de la réussite.

En effet, pour nos familles, personne ne peut avoir fait des études pour au final ne pas travailler dans une administration, fusse-t-elle privée. À la limite, l’entrepreneuriat c’est pour ceux qui ont décroché du système scolaire trop tôt, sans diplômes. Pour ceux là, vous entendrez les parents souvent dire : “Ah ! Charles se débrouille avec ses petites bricoles par-ci par-là.” C’est malheureusement à cela qu’ils réduisent toute une vision : débrouillardise et bricole.

Quand vous évoluez dans un environnement qui ne croit pas le moins du monde en vous, il est difficile d’avoir la motivation nécessaire pour continuer de lutter. Trouver des marchés c’est déjà une lutte incessante. Si en plus on doit être combattu H 24 chez soi…bonjour le moral à zéro !

C’est pour cela que dès que survient la première difficulté, ces entrepreneurs abandonnent et se résignent à croire que les leurs avaient finalement raison quand ils leur disaient : “Tu crois que c’est toi qui vas venir changer les choses dans le pays là ?”, “Tu connais quel gabonais qui a réussi dans les affaires au Gabon sans rentrer dans la loge, ou faire des pratiques contre nature ?” ou simplement “Tu perds ton temps !”

On a l’impression que tout est fait pour casser l’esprit d’initiative. Il vaut mieux se conformer que d’oser.

2- Si ça marche pour toi, ça marchera aussi pour moi !

L’imagination des gabonais est prolifique seulement pour casser les leurs. Puisque le verbe “encourager” est comme rayé de leur vocabulaire, ils l’ont remplacé par le verbe “copier”.

J’en rigole en l’écrivant, mais c’est la triste réalité. J’ai fait un article sur la page Facebook du blog. Il mettait en avant une jeune dame qui a eu l’idée ingénieuse de faire des cocktails de fruits. Conditionnés dans des gobelets jetables, elle les vendait à 1 000 FCFA l’unité. Cet article a buzzé sur le réseau social. Quelques temps après, c’est devenu le business à la mode.

À Port-Gentil, jusqu’à un passé récent, celui qui n’avait pas sa prestation de placement de personnel sur site était un “gaou”, comme disent les ivoiriens. Quelqu’un a pensé à faire dans la gestion administrative, l’aide à la création d’entreprises en facilitant l’obtention de la fiche circuit, tout le monde s’engouffre dedans.

Un autre a vu qu’après les cérémonies il est difficile de trouver des gens pour nettoyer et a créé sa petite agence de nettoyage après cérémonie. “Qu’est-ce qui est même difficile là ? Je n’ai qu’à trouvé 2 ou 3 personnes et je propose mes services de nettoyage aussi !” Plus qu’une affaire de résolution d’un problème, l’entrepreneuriat est désormais une affaire de mode. On suit la vague du moment.

Attention ! N’allez pas déformer mes propos. Je ne dis pas qu’il est interdit de copier. Ce que je tente de démontrer c’est que ces personnes qui le font mécaniquement, ne le font pas souvent avec le même feu qui brûle celle qui a décelé l’opportunité en premier. C’est souvent là que la différence va se faire ressentir. La passion pour ce qu’on fait. Ces copistes ont plus de chance d’échouer que ceux qui ont eu l’idée en premier.  Celui qui fait quelque chose par passion, trouvera toujours le carburant pour lutter. Celui qui copie bêtement juste pour “faire comme”, s’épuisera à la première difficulté.

Maintenant, il y en a qui copient et améliorent parce qu’ils ont décelé une faille chez le concurrent. Ceux-là ont également des chances de s’en sortir.

Pour terminer, retenez que plus un marché est inondé d’offres, plus les prix de vente baissent et plus les marges à se faire s’effritent.

 

3- Vous connaissez, sans vraiment connaître.

Quand Salomon est devenu roi d’Israël, Dieu lui a dit de demander ce qu’il voulait. Vous connaissez certainement sa réponse. Il a demandé la sagesse. Loin de moi l’idée de vous évangéliser. Je n’ai pas la formation pour. Et ce n’est pas le but de ce blog. Mais, cet exemple illustre parfaitement ce que je m’apprête à vous dire.

Salomon avait compris qu’avec la sagesse (donc la connaissance) il pouvait avoir tout ce qu’il désirait. Et cette connaissance n’est pas dans les statuts Facebook. Elle se trouve dans les livres et auprès des aînés. J’irai même plus loin. Pour un entrepreneur, la connaissance se trouve chez ceux qui ont échoué dans leurs initiatives. C’est chez eux que vous découvrirez les erreurs à ne pas commettre, les pièges à éviter.

Formez-vous ! Vous ne connaissez pas tout. Et vous serez étonnés de ce que vous pouvez apprendre d’un plus petit que vous. Ayez l’humilité d’apprendre de tout le monde. Arrêtez de mépriser les gens, sous je ne sais quel prétexte. Écumez les ateliers de formations. J’ai – dans la première partie de cet article – soulevé le fait que l’information est difficile à trouver dans ce pays. Mais, ce n’est pas impossible.

Pour connaître vos droits et devoirs en tant qu’entrepreneur, il y a des cabinets juridiques hyper accessibles (à 15 000 FCFA la consultation, oui j’en connais).

L’ignorance engendre la peur, la peur conduit à l’échec. Si par exemple vous ne connaissez pas quelle forme juridique convient à votre activité, vous risquerez de vous retrouver avec des charges fiscales qui vous dépasseront.

Retenez que chaque décision que vous prendrez va impacter la vie entière de votre business. Prenez l’habitude de l’information !

La formation implique les aspects spirituel, développement personnel, leadership, organisationnel, etc. FORMEZ-VOUS !

 

4- Consommer local ? Pourquoi faire ?

Ce point rejoint quelque peu le premier de la liste. On n’est tellement pas dans le délire d’aider et d’encourager les compatriotes dans leurs entreprises, que si on va en grande surface et qu’on tombe sur du thé made in Gabon, on va préférer prendre les marques étrangères juste à côté.

Il est vrai que le packaging, ainsi que je le mentionnais il y a quelques semaines, ne donne pas souvent envie. Mais, si ces entrepreneurs n’enregistrent aucune vente, comment auront-ils la chance de l’améliorer un jour ? Cette réflexion je me la fais à moi aussi hein, rassurez-vous.

Nous devons instaurer cette habitude du consommer local. Non seulement c’est encourageant, ça fera perdurer ces entreprises mais en plus c’est patriotique.

Vous vous plaignez que notre économie est entre les mains des étrangers. Mais, pour acheter local, y a plus personne !

 

5- Votre crédibilité… mais euh… en fait vous n’en avez pas !

“Les gabonais ne finissent jamais ce qu’ils ont commencé.” “Ils sont incapables de mener des travaux de qualité de bout en bout.” “Je veux bien vous tester, et voir ce que vous valez. Parce que les gabonais, j’ai donné quoi !” “Les gabonais ? Ils vont te dire qu’ils vont faire. Mais après, quand tu leur donnes du travail, ils fuient ou ne répondent pas à tes standards.” Ces phrases on me les sert à chaque fois que je vais démarcher un client.

On est pas pris au sérieux. Et il y a des raisons. Dernièrement, l’association ANDAS à laquelle j’adhère, a commandé des T-shirts chez un compatriote qui opère dans cette activité. Le jour de la livraison, il était subitement injoignable. Des exemples comme ça, je suis certaine que chacun de vous peut en sortir.

Ce pays a eu des mannes. Il a offert des appuis (techniques, financiers, etc.) aux Gabonais. À une époque où l’esprit du peuple était embrumé par le pétrole, les soutiens fusaient de partout. Sauf qu’une fois obtenues, ces aides servaient à construire des maisons et à acheter des voitures plutôt que de financer ce pourquoi l’argent avait été décaissé. Et aujourd’hui encore, ce type “d’entrepreneurs” existe.

Faut pas se plaindre donc que vous n’obteniez pas de financements. Un proverbe nzébi dit : “Les premiers invités ont fait que les suivants dorment sans manger.”

 

6- Vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez.

J’ai déjà entendu : “Si j’obtiens un ou deux petits marchés là, je suis tranquille.” L’ambition est à l’entrepreneuriat ce que l’eau est à la terre. C’est votre ambition qui abreuve votre évolution dans le business. Plus vous voyez petit, plus vous avez de chance de demeurer petit.

N’ayez pas peur de rêver. Les plus grands noms de ce monde sont des utopistes à la base. En fait, c’est même normal de rêver.

 

Il y a tellement de choses à dire. Je ne vous ai donné qu’une ébauche de ce qui freine le Gabonais dans sa mentalité et dans sa façon d’être.

Si vous êtes encore là après avoir lu cet article, je vous remercie pour votre intérêt. Vous avez la graine du succès en vous 😉.  Partagez-le avec les vôtres. J’attends de lire vos réactions.

Pour la prochaine fois, un banquier vous dira pourquoi les banques ne donnent pas leur argent aux entrepreneurs. Restez connectés.

 

A très bientôt !

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