Accueil Artisanat L’entreprise de Claude KOUMBA GUIBOUANGA revalorise Le Chocolat de chez nous au menu.

L’entreprise de Claude KOUMBA GUIBOUANGA revalorise Le Chocolat de chez nous au menu.

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Bonjour à tous ! Cet article a mis du temps à paraître, tellement je cherchais les mots justes pour vous transmettre mes impressions sur ce que j’ai rencontré lorsque je me suis entretenu avec Claude KOUMBA GUIBOUANGA.

Dès le premier contact,  mon attention est attirée par la qualité de l’emballage du produit. Sans même l’avoir touché, il donne envie de le découvrir. Il est empaqueté dans des films transparents et hermétiquement fermés avec des étiquettes simples, mais n’est-ce pas dans la simplicité que la beauté réside ? J’ai tout de suite compris l’accent que Claude met sur l’hygiène.

Les Chocolat de chez nous au menu est un projet que j’ai couvé pendant de nombreuses années. Donc lorsque je suis tombé sur ces emballages, j’ai juste saisi l’aubaine que ça représentait.” répond-il à mon émerveillement.

Je vous explique un peu pourquoi ça m’a paru surréaliste de trouver du chocolat traditionnel aussi bien bien conditionné. En réalité, les produits du terroir ne sont pas souvent revalorisés. Et donc, sous leur forme commerciale, les vendeurs ne s’embêtent pas à fournir un effort de présentation. L’approche de Claude KOUMBA GUIBOUANGA me parait vraiment très bien pensée. Il faut que nous même donnions de la valeur à nos produits. Sur les emballages vous trouverez même des conseils de cuissons. C’est dire tout le sérieux qui est mis derrière ça.

On est allé vite en besogne, qui est Claude KOUMBA GUIBOUANGA ? Comment devient-il entrepreneur et pourquoi ? Que commercialise-t-il ? Comment entrevoit-il l’avenir de son business ?

 

Portrait d’un amoureux du terroir gabonais

Claude est un père de famille. Une famille qu’il n’hésite d’ailleurs pas à utiliser comme main d’oeuvre dans la production, puisque cette entreprise il la veut familiale. “Je suis né à Port-Gentil en 1969, j’ai 7 enfants, je suis technicien dans un domaine du pétrole. J’ai fait des études de techniciens en maintenance au Lycée Technique.” A l’époque où il obtient son diplôme de fin de cycle, il n’y avait pas de possibilité d’avoir une bourse. Il a donc dû intégrer rapidement le monde du travail.

C’est un Claude révolté par la manière dont l’odika ou le chocolat de chez nous est non seulement vendu, mais aussi produit qui prend la décision de redonner ses lettres de noblesse à ce produit. “J’ai très rarement eu l’occasion de consommer du chocolat, parce que je me plaignais de la qualité du produit.  Je travaille dans une entreprise internationale. Quand je recevais des amis qui venaient d’ailleurs et qui avait entendu parler de notre chocolat traditionnel, j’étais incapable de les orienter vers un produit de bonne qualité. J’étais obligé de passer des commandes auprès de certaines personnes au village. Il n’y avait que comme ça que j’étais assez rassuré de la qualité du chocolat que j’offrais.”

 

Une fabrication à la traditionnelle

A partir de là, l’idée germe dans l’esprit de Claude. Il m’explique que c’est depuis 2012 que ce projet insiste dans son esprit. Il réfléchit alors à donner une valeur ajoutée à son produit pour qu’il ne se noie pas dans l’offre déjà existante. En Septembre 2017, il se décide à sauter le pas. “C’est donc comme cela que cette aventure débute. Je n’avais ni les machines, ni les conditionnements, je n’avais rien. Mais, je savais qu’il fallait faire quelque chose qui soit un cran au dessus de ce qui se fait déjà.”

Tout le processus de préparation du Chocolat de chez nous au menu se fait à la manière de chez nous. Du ramassage au râpage, en passant par la torréfaction et le pilage. Tout est fait main. Ce produit est tout ce qu’il y a de plus artisanal. La seule partie industrielle qui intervient est l’emballage puisqu’une scelleuse vient fermer chaque paquet afin qu’il soit hermétique.

 

Les challenges de L2CNAM

L’un des challenges de cette start-up est de faire accepter son produit sur le marché. “Même parmi les proches beaucoup hésitent encore à prendre du chocolat avec nous. Ils ont gardé un mauvais souvenir des expériences désastreuses passées avec tout ce qu’il y a comme contrefaçons sur le marché. Je me rappelle même qu’une sœur de mon église m’a dit qu’elle avait dû renverser toute une marmite de nourriture à cause de la saveur de l’odika qu’elle avait préparer ce jour-là et qu’elle s’était procuré je ne sais pas trop où. Elle m’a dit que c’est comme s’il y avait du savon dedans.” Pour faire face à toutes ces réticences, il faut des stratégies d’intéressement du client. Et ça coûte des nuits entières de réflexion à Claude KOUMBA GUIBOUANGA.

Un autre soucis et pas des moindres, reste la saisonnalité de la matière première. En effet, la mangue sauvage (à l’exemple des mangues ordinaires) est produite à une période précise de l’année selon les zones. “Je suis obligé de suivre la production de la mangue sauvage dans tout le pays. J’ai des fournisseurs un peu partout dans le Gabon. De sorte que, dès que c’est la saison, je suis prévenu et je m’approvisionne en quantité nécessaire pour éviter la rupture.” Avec ce paramètre, intervient l’acheminement de la matière première vers Port-Gentil. Tout un challenge !

Claude m’expliquera que la production est assez pénible, vu qu’elle se fait de manière traditionnelle.

 

Un regard tourné vers la diaspora

Aujourd’hui, Claude mise beaucoup sur une diaspora toujours à la recherche des produits du terroir pour se vendre à l’étranger. “J’ai plusieurs fois été à l’étranger et j’ai souvent été scandalisé de ne même pas trouver au menu un produit gabonais. C’est révoltant, ça vexe. Donc, notre avenir nous le voyons beaucoup plus avec nos amis de la diaspora.”

En si peu de temps d’existence, Claude avoue que son entreprise naissante a fait beaucoup de progrès. “Nous nous sommes fixés des objectifs et en ces quelques mois, nous avons commencé à en atteindre certains. L’étiquetage a changé, et est plus professionnel. Pour le rendre encore plus utile nous avons pensé à mettre des conseils de préparation pour aider ceux qui découvrent le produit et même pour ceux parmi nous qui ne savent pas trop comment le cuisiner ça peut les aider.”

Pour vous procurer l’odika naturel produit par Claude, appelez au +241 02 91 99 80 ou contactez-le directement sur la page Facebook de l’entreprise en attendant qu’il soit disponible dans les très prochains jours en grande surface.

“Je conseille aux gens de commencer d’abords. Et ceux qui ont déjà commencé, qu’ils soient ouverts. Pour faire un Gabon fort, une Afrique forte, il faut que nous soyons solidaires. On peut être dans le même domaine, mais chacun aura sa touche. Il faut qu’on ose ! “

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