Accueil Art / Spectacle L’humoriste Rwandais Hervé KIMENYI à fleur de peau : “Je ne pensais jamais être un humoriste à la base. C’est un accident de parcours…”

L’humoriste Rwandais Hervé KIMENYI à fleur de peau : “Je ne pensais jamais être un humoriste à la base. C’est un accident de parcours…”

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Hervé KIMENYI est un acteur et humoriste Rwanadais. La première fois que je le découvre, c’est dans un sketch au Parlement du Rire. La célèbre émission télévisée de Mamane qui met la lumière sur les humoristes africains. J’ai surkiffé.

Il a le jeu, il a la technique, et il a vraiment le don de provoquer des fous rires. D’ailleurs, c’est un peu dommage qu’on ait pas beaucoup de contenus qui nous présentent l’étendu de son talent et qui pourraient illustrer mes propos.

Mais n’empêche, pour vous et surtout pour mon plaisir personnel, je suis allée frapper à la porte de ce grand nom de l’humour africain. J’espère que vous allez apprécier comme moi.

Espace libre

VisezLaLune : Bonjour Monsieur. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs. Qui est Hervé Kimenyi ?

Hervé KIMENYI : Mon nom complet c’est RUTAREMARA KIMENYI Hervé. Pour faire simple, je n’ai gardé que KIMENYI Hervé comme nom de scène. J’ai 34 ans, je suis Rwandais. J’ai étudié un peu partout en Afrique, grâce ou a cause de ma carrière artistique. Je n’ai pas encore fini mon université car j’étudie la communication par correspondance. Il y a douze ans j’ai commencé la mise en scène. J’ai quelques films à mon actif. Je fais aussi du stand up. Depuis le temps, je n’ai pas quitté les planches.

VLL : Le Festival Toséka, et dernièrement le Parlement du Rire… Comment votre aventure dans l’humour commence-t-elle ?

H.K.: L’humour commence il y a 9 ou 10 ans avec un groupe d’amis qui montent le Comedy Knights (Les chevaliers de l’humour). Nous avons commencé en amateurs comme un groupe de jeunes qui voulaient juste s’amuser et très vite ça a pris beaucoup d’ampleur. 10 ans plus tard, nous avons organisé notre premier festival international d’humour sur Kigali avec plus de 12 nationalités représentées. En plus, quelques tournées régionales et internationales dont la première était TOSEKA 1 à Kinshasa. Et plus récemment, le Festival de Montreux. Il y a eu une tournée belgo-française et sûr le Parlement du Rire.

VLL : Hervé a des projets en perspective ?

H.K.: J’essaie de finaliser ma première pièce de théâtre et première mise en scène, ainsi qu’un spectacle complet de stand up qui devrait tourner l’Afrique et l’Europe, dès que certains soucis de logistiques sont finalisés. Et pourquoi pas passer derrière la camera et faire mon premier film ? Ça me tente bien et je me dis pourquoi pas ?

VLL : Nous connaissons l’humoriste, mais y a-t-il une facette du personnage que les lecteurs du blog ne connaissent pas encore ?

H.K.: La facette cachée d’un humoriste est un peu universelle. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, donc les humoristes ne sont pas drôles dans la vraie vie. Ils cachent beaucoup d’angoisse et de douleur derrière le masque de l’humour. Mais, c’est une carapace et pas une vraie nature. Je préfère la solitude ou la compagnie de la famille ou des amis très proches. Je ne pensais jamais être humoriste à la base. C’est un accident de parcours. Mais un bel accident.

VLL : Quelle serait la consécration pour vous dans ce métier ?

H.K.: Un Oscar ! Pas parce que ça m’impressionne vraiment, mais juste pour montrer à certaines personnes que c’est possible. Celles qui rêvent comme celles qui dénigrent.

VLL : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en vous lançant? Quels sont vos challenges aujourd’hui ?

H.K.: La plus grande difficulté est la peur constante. Et si ça ne marche pas ? Le regard des autres qui pensent que vous êtes devenus fous. Il faut toujours expliquer qu’artiste c’est un métier et pas juste un hobby. Puis, il y a le coté financier qui n’est pas toujours facile. Les challenges aujourd’hui sont un peu différents. C’est comment gérer son image, accepter d’être un personnage public, savoir quels projets accepter et lesquels refuser. Et aussi quel message on a envie de donner à son public sans se trahir soi-même. C’est un peu ça.

VLL : Adressez-vous à la jeunesse africaine. Dites aux lecteurs pourquoi ils devraient se lancer, écouter leur cœur et vivre leur talent.

H.K.: Quelqu’un a dit un jour : “Vis ta vie, toutes les autres vies sont déjà prises.” Pour moi, faire aboutir ses rêves ce n’est pas un luxe, c’est devoir. Quand on reçu un talent, on a le devoir de le partager. Que les jeunes ne fassent pas de concession avec ce qu’ils pensent mériter. Il faut se lancer parce que quand on ne le fait pas, on occupe la place de quelqu’un d’autre. Si vous êtes un chanteur dans l’âme, mais que vous travaillez à la banque, vous occupez la place de celui qui rêve d’être banquier. Et ainsi de suite. Trouvez votre place et vous serez inébranlable et je cite Felwine Sarr.

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