Accueil Informatique / Télécommunication Adé Fidégnon AGBOWAI créé IPAARO, une application qui veut redonner du sens au troc.

Adé Fidégnon AGBOWAI créé IPAARO, une application qui veut redonner du sens au troc.

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Lorsque, il y a quelque semaines,  j’organisais ce petit jeu où je souhaitais interagir avec vous chers viseurs, j’ai été agréablement surprise de voir figurer parmi les réactions celles d’un entrepreneur : Fidégnon Adé AGBOWAI.

Sur l’article “10 citations de jeunes viseurs africains...” je vous promettais de revenir certainement sur lui. Eh bien, c’est chose faite. Monsieur Fidégnon est un entrepreneur africain de 33 ans. Il nous présente aujourd’hui ses activités et son actualité : la création de l’application IPAARO.

 

Fidégnon Adé AGBOWAI, le serial entrepreneur.

Fidégnon Adé vient du Bénin. C’est est un Administrateur Systèmes et Réseaux Informatiques de formation. Ancien étudiant à ULCO (Université du Littoral Côte d’Opale) en Ingénierie Informatique et Réseau, il a également des qualifications dans les domaines du développement-implémentation de formations en ligne et du management de communautés virtuelles.  Compétences acquises au Global Campus21.

Il est l’associé et co-fondateur de Seencore Solutions. Une agence française spécialisée en solutions Internet et web-marketing. “J’y ai été associé en 2013 en tant que Directeur de la filiale africaine.” se confie-t-il.

Espace libre

Il est également co-fondateur de Massive Open Online Course ou MOOC 2F. “C’est une initiative volontariste qui a pour objectif de rendre accessible gratuitement des formations en ligne sur le e-marketing, le community management et de manière globale l’économie numérique.” Lancée en 2014, elle offre des services attrayants.

Monsieur AGBOWAI est aussi le co-fondateur du C.I.E.L (Cabinet d’Ingénierie en E-Learning) créé en 2016. “Ce cabinet offre des formations qualifiantes en ligne aux entreprises et aux particuliers en vue du renforcement des capacités ainsi qu’une formation professionnelle continue” Explique-t-il.

Le dernier bébé en date est une start-up: IPAARO. En langue Yoruba cela signifie “TROC” ou “ECHANGE”. L’entreprise innovante a développé une application mobile entièrement dédiée au troc. Cette forme d’économie solidaire qui représentait l’essentiel des échanges en Afrique autrefois. Le lancement officiel est fixé pour le 5 Décembre, mais il a bien voulu partager l’exclusivité avec nous.

Entretien avec un touche-à-tout.

 

VisezLaLune : Qu’est-ce qui vous a poussé à la penser cette application?

Fidégnon Adé AGBOWAI : Au delà de tout, je me définis comme un entrepreneur social. L’intérêt général supplante le profit personnel dans tout ce que j’entreprends. On me l’a d’ailleurs souvent reproché. Mais je n’y peux rien. C’est ma nature.

Cette application mobile est destinée aux échanges de biens et/ou services en ligne. Elle vise à réduire un temps soit peu les inégalités sociales dues au capitalisme sauvage dont la principale conséquence est la paupérisation des masses.

 

VLL: Aujourd’hui elle est sensée répondre à quels besoins?

Fidégnon A.A.: Nous sommes dans un monde d’inégalités, caractérisé par le gaspillage et le dénuement. Dites-vous qu’il y a des gens qui disposent de biens qui ne leur servent plus. Et de l’autre coté, il y en a qui en ont crucialement besoin.  Ces derniers n’ayant pas les moyens financiers de se les procurer, peuvent proposer des biens et/ou services en retour. Les besoins des deux parties seraient ainsi satisfaits grâce à l’échange.

Imaginez quelqu’un qui dispose d’un vieux meuble et qui a besoin des services d’un carreleur. Imaginez un carreleur qui souhaite s’offrir un meuble. Les deux pourraient trouver leur compte en troquant meuble contre service de carrelage. IPAARO est le pont entre les deux. Un clic suffit pour qu’ils croisent leurs besoins.

 

VLL: Du troc c’est un peu un retour aux sources. Pensez-vous que ce mode de transaction est encore d’actualité?

Fidégnon A.A.: C’est un retour aux sources, certes. Pour y puiser les valeurs fondamentales de complémentarité, de compensation et d’entraide. Elle est bel et bien d’actualité. Nous réinventons cette pratique ancienne grâce à la technologie numérique qui caractérise notre époque.

 

VLL: Qui sont vos co-développeurs?

Fidégnon A.A.: Je n’ai jamais rien entrepris seul. J’accorde une importance capitale à la complémentarité des intelligences. Je conçois la vérité comme un puzzle dont chacun détient une pièce. Plus on est nombreux à réfléchir sur un projet plus on se rapproche de la réussite.

Nous sommes un trio de co-fondateurs de l’application IPAARO: Christel ADAMMADO, Roméo GBONGBON et moi-même.

 

VLL: Être entrepreneur, même social, implique de se faire quand même des bénéfices. Quel est votre intéressement avec cette application?

Fidégnon A.A.: Pour le moment, nous nous attelons à apporter une solution à un problème socio-économique. Aussi bizarre que cela puisse paraître, nous ne sommes pas focalisés sur la rentabilisation. Vous savez parfois la passion est la meilleure source de motivation et gage du succès en entrepreneuriat. Nous nous sommes d’abords engagés à créer de la valeur et nous avons la conviction que le reste viendra naturellement. La main qui donne est toujours en haut.

 

VLL: Quels sont vos espoirs en créant cette application? Son usage est-il exclusif à votre pays?

Fidégnon A.A.: Le monde aujourd’hui est numérique et un village planétaire. Les frontières et les distances n’existent plus. Notre vocation se veut donc mondialiste. Pour l’instant cependant nous nous focalisons sur l’Afrique.

VLL: D’autres projets pour l’avenir?

Fidégnon A.A.: Notre prochain cheval de bataille sera de révéler le potentiel touristique de l’Afrique au reste du monde. Tout ça toujours grâce à la technologie numérique.

 

VLL: Un mot à l’endroit des lecteurs, pour les convaincre de se lancer eux aussi dans l’entrepreneuriat?

Fidégnon A.A.: Face à la crise de l’emploi qui sévit au sein de la jeunesse africaine, l’entrepreneuriat est une opportunité. L’entrepreneuriat n’est pas à la base une question de gros financements comme certains jeunes le pensent. Il faut surtout s’armer d’une vision, de sa passion et surtout de persévérance pour se lancer et durer dans son domaine.

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