Accueil Artisanat Jessica MEDZA ALLOGO, la madame gourmandise africaine.

Jessica MEDZA ALLOGO, la madame gourmandise africaine.

Par Maëlla Séna Kassa Mbenga

Je vous l’avais promis. Elle est là, l’interview exclusive de Jessica MEDZA ALLOGO, celle qui est entrain de conquérir les coeurs de tous les gabonais. Elle s’invite dans nos foyers avec ses confitures artisanales aussi gourmandes que généreuses. Dans le cadre de notre campagne motiver par l’exemple elle a bien voulu nous accorder un peu de son précieux temps. Ok, j’arrête avec cette longue intro. Zoom sur une reconversion à 180° et réussie…

 

Visezlalune: Qui est Jessica MEDZA ALLOGO ? Pouvez-vous vous présenter de manière sommaire à nos lecteurs ?

Jessica MEDZA ALLOGO: Je suis Jessica ALLOGO. Je suis née et j’ai grandi au Gabon.  Je suis issue d’un couple mixte, ma mère est d’origine canadienne et mon père gabonais.  J’ai quitté le Gabon après mon BAC scientifique, pour mener mes études supérieures au Canada dans un cursus ingénierie.  J’ai travaillé pendant une dizaine d’années dans un grand groupe pétrolier, au sein de la division Exploitation au Gabon et en Asie.  Mon goût pour la gastronomie et l’héritage africain m’a rattrapé il y a un an.  J’ai décidée de rendre mon tablier d’ingénieur chez Total pour enfiler celui d’entrepreneuse gourmande.   J’ai fondée en 2016, une ligne de confitures gourmet, basée au Gabon : Les Petits Pots de l’Ogooué. Je suis également maman d’un petit garçon de 4 ans.

 

VLL: Vos passions ? Qu’est-ce qui vous enchante ?

JMA: Je suis passionnée de gastronomie, de voyage et par la culture africaine.  Pour moi, la gastronomie est le seul art qui permet de s’évader, voyager à partir de sa cuisine. Une seule bouchée et on est transporté dans de nouvelles contrées. J’adore découvrir de nouvelles saveurs, de nouveaux parfums, de nouvelles odeurs.  J’ai voyagé dans de nombreux pays et la gastronomie est une vraie valeur culturelle, qui raconte l’histoire des peuples et des nations.  Le meilleur moyen pour moi de visiter un nouvel endroit c’est d’aller à la découverte de leur cuisine.

 

VLL: Qu’est-ce que « les petits pots de l’Ogooué » ?

JMA:Les petits pots de l’Ogooué“, est une marque d’épicerie fine qui crée des produits d’exception à partir du terroir gabonais. Des produits passionnément africains, qui portent notre patrimoine culturel avec style et raffinement. Des produits qui font voyager au cœur des saveurs inspirantes de l’Afrique.

Une collection de confitures raffinées, uniques et artisanales.  Des fruits tropicaux, pour des saveurs d’exception qui racontent une Afrique généreuse et authentique.

Les petits Pots de l’Ogooué“, plus qu’un pot de confiture, c’est une histoire.  Celle des producteurs de fruits de notre terroir, le Gabon. Celle des hommes et des femmes qui les travaillent avec passion. Celle de nos clients qui nous accompagnent dans cette aventure.

 

VLL: Comment vous vient l’idée de créer cette entreprise ?

JMA: Je suis tombée dans le chaudron à confiture un peu par hasard. Dans le cadre de mon parcours professionnel, j’ai été expatriée en Birmanie. J’adore les mangues et j’avais la chance d’y découvrir des variétés exceptionnelles. J’avais du personnel incroyable, qui pour me faire plaisir me faisait découvrir de nouvelles variétés régulièrement. Le jour de mon départ, ils m’ont offert un cadeau, qui sur le coup m’a paru un cadeau empoisonné (rire): une caisse de mangue de 40 Kg!

De retour au Gabon, j’avais quelques mangues trop mûres et j’ai donc décidé d’en faire des confitures. Le «Tour du monde en un pot de confiture » comme je l’ai appelé, était un savoureux voyage entre les mangues d’Asie, de fruits de la passion du Gabon et de vanille ramenée d’un voyage à  l’Ile Maurice. Un grand succès à la maison!

Quelques mois plus tard, en mars 2016, l’association Femmes Exceptionnelles a organisé un événement pour la journée de la femme. J’ai décidé de faire quelques pots et de les vendre à cette occasion. Un succès! En quelques heures tous mes pots étaient vendus. J’ai réalisé ce jour là, le potentiel de ce projet d’épicerie fine. Le segment aurait pu, à tort, sembler banal.

Il y a largement de la place pour de la confiture traitée de manière haut de gamme.  Aujourd’hui en Afrique et ailleurs,  la nourriture de qualité, celle qui fait plaisir et qui fait du bien, s’invite sur le devant de la scène.  Parce que la bonne cuisine est une chose importante et fait partie de notre héritage culturel africain, je m’épanouie à sublimer les produits du terroir et en faire des confitures d’exception.  Pour moi, la confiture véhicule des valeurs positives de partage, de convivialité, d’art de vivre, et de transmission. C’est un produit hédoniste, autour duquel on peut inventer tout le temps des nouvelles recettes, et qui se travaille comme un grand cru : la confiture se regarde, se sent, se goûte.

 

VLL: Y a-t-il une raison spéciale à ce nom « les petits pots de l’Ogooué » ?

JMA: Notre atelier de production est basé à Port Gentil, et j’y ai moi-même vécu pendant environ 10 ans pour des raisons professionnelles. Je recherchais donc un nom représentatif de la région mais aussi représentatif du pays. Quoi de mieux que le fleuve Ogooué qui traverse le Gabon. De plus, l’idée du voyage était aussi importante pour moi, car c’est cela qui m’a mené dans cette aventure. Une belle balade sur le fleuve de l’Ogooué avec nos petits pots.

 

VLL: Pouvez-vous nous donner de manière exhaustive la gamme de vos produits.

JMA: Nous avons aujourd’hui une gamme de 9 saveurs de confitures et une gelée.  Toutes à base de fruits provenant exclusivement du terroir gabonais: ananas, mangues, fruits de la passion, papayes, oranges, pamplemousses. Nous y ajoutons des arômes d’exception tels que la vanille Grand Cru Bora Bora provenant de Tahiti et l’eau de rose du Maroc.

Notre best seller ménage à trois est un mélange d’ananas, de fruits de la passion et de vanille de Tahiti.

VLL: Où peut-on les trouver ?

JMA: Les produits sont disponibles à Port Gentil, en vente directe à notre atelier situé à Matanda et chez Cazadéco.  A Libreville, ils sont disponibles à La Crêperie située à Louis et à notre dépôt au Camp de Gaulle. Nos clients viennent récupérer leur commande ou se font livrer à leur convenance.

Nous sommes joignables sur Facebook et Instagram via notre page Les petits Pots de l’Ogooué et via WhatsApp au +241 02190586.

 

VLL: Avez-vous rencontré des difficultés au lancement de vos activités ?

JMA: Les obstacles sont nombreux lorsqu’on change de vie et qu’on se lance dans une nouvelle activité. Il faut faire face à un nouvel environnement et on se retrouve confronté à de nouvelles références auxquelles nous ne sommes pas habitués.  Dans les premiers temps, on doit tout faire seul : le achats, la production, la vente, la comptabilité.  C’est éprouvant! D’autant plus qu’on n’est pas forcément performant dans tous ces domaines d’activité.  Il faut donc faire beaucoup d’auto-formation,  et se pousser à apprendre un peu plus tous les jours.  Aujourd’hui, j’ai embauché des employés, cela me permet de me concentrer sur mon cœur de métier et être plus efficace.  Je dirai que la solution c’est de savoir bien s’entourer, apprendre à déléguer et faire confiance.

 

VLL: J’ai vu que vous organisiez des ateliers avec des enfants. Dans quels buts ?

JMA: Le but des ateliers et de proposer une activité fun et éducative à nos enfants.  Les sensibiliser à l’importance d’une bonne nutrition en découvrant les fruits de chez nous.  Inculquer les notions de consommation locale et écoresponsable.

Les encourager à travailler de leurs mains et leur démontrer qu’il est possible de faire soit même des préparations, qui à première vue semblent uniquement industrielles. Enfin, on aborde quelques notions de science indispensables pour faire de bonnes confitures.

 

VLL: Sélectionnée pour le TEEP (La Fondation Tony ELUMELU pour l’entrepreneuriat) 2017. Un mot là-dessus.

JMA: Je suis très fière du chemin parcouru et enthousiaste de voir les retours positifs que nous recevons du public et des professionnels.  Cela me conforte dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie et me donne la force de continuer malgré les moments difficiles. Le TEEP est un programme plein d’enseignements et d’apprentissage.  J’ai déjà appris énormément au cours des 3 derniers mois de ce programme. Le programme me permet d’agrandir mon réseau et d’entrer en contact avec des entrepreneurs dans toute l’Afrique avec qui nous partageons des retours d’expérience.

Il nous reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. J’ai confiance en l’avenir, je suis convaincue que d’ici quelques années ce projet aura atteint son plein potentiel et sera en adéquation avec la vision que je me suis fixée.

 

VLL: En tant qu’entrepreneur que pourriez-vous dire aux jeunes gabonais en particulier et africains en général qui hésitent encore à sauter le pas, pour les aider à se décider ?

JMA: L’entrepreneuriat est un chemin difficile mais passionnant et fort en apprentissage.  Faire de sa passion son métier et pouvoir en vivre est l’expérience la plus épanouissante qu’il soit.  Il ne faut donc pas hésiter à se lancer quand on a un projet auquel on croit.  Ne pas penser que les moyens financiers sont un obstacle. Il faut apprendre à commencer petit avec ce qu’on a. Etre “humbitious” : commencer petit et avoir l’ambition de grandir. Je pense que c’est la chose la plus importante.

 

Merci pour cette simplicité et cette générosité dans vos réponses, je vous souhaite plein succès dans cette aventure que je vous veux belle et enrichissante.

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